C'est le titre d'une comédie américaine, c'est aussi un drame dans la réalité, le mien. Mon voisin est un tueur, c'est un fait aussi incontestable qu'improuvable, sa petite amie également, et respectivement toute leur famille, frères et sœurs, cousins cousines, sans compter les ami(e)s, et j'en passe... Ce qui fait beaucoup pour ma modeste personne.

  La seule certitude dont je peux me targuer c'est celle de n'avoir aucune chance face à eux, là aussi c'est un fait incontestable. J'en ai encore eu l'amère confirmation la nuit dernière avec des tirs d'ondes électromagnétiques distribués tous les quart-d'heure environ, et particulièrement revanchards en raison de ma non soumission à leur autorité.

  C'est là que le lecteur étranger au harcèlement se dit éventuellement que j'ai peut-être un problème d'ordre mental.

  Je rappelle donc qu'un matériel high-tech de type subwoofer (haut-parleur produisant basse fréquence) relié à un générateur, et/où à des capteurs détecteurs de mouvements, et/ou logiciel du type tortureware ou apparenté, et/ou laser ultra puissant, et/ou autre chose encore, est utilisé par les bourreaux occupant le logement mitoyen au mien, pour m'envoyer des micro-ondes pulsées dans toutes les parties du corps, y compris dans la boîte crânienne.

  Mon voisin est donc un criminel, père de famille multirécidiviste, parfaitement inséré dans la société, affable, souriant, l'air badin, bref, insoupçonnable. Bien campé au volant de sa BMW, symbole de sa réussite consacrée, il n'a rien à craindre, et me le fait savoir en permanence. Mon voisin aime les grosses cylindrées, les lunettes de soleil à effet miroir, et mettre la sono à plein volume toutes vitres ouvertes. Il est sapé comme jamais, et les egos de Bouba et Kaaris réunis semblent d'une humilité abyssale comparé au sien.

  Mon voisin est comme les insectes qui se moulent dans leur environnement afin d'être indécelables, la couleur de sa peau derrière laquelle il se camoufle empêchant de voir son fascisme à l'oeil nu.

  Ma voisine, et tous les autres éléments familiaux sont les opérants sanctifiés de ma maltraitance, officiants comme des fantômes que l'on ne peut saisir qu'à des instants fugaces, où des hasards bienheureux, m'autorisant durant un bref instant, à croiser leur silhouette terriblement banale, au sortir d'une rue ou d'un véhicule trop bien garé.

  Tout ce petit monde, téléguidé ou non, participe à mon lent assassinat en me privant de sommeil via un matériel diaboliquement réel.

  J'aimerais que celles et ceux qui me persécutent perdent leurs cheveux par poignées, que chacun de leur mouvement leur arrache un cri, enfin qu'ils soient trop épuisés pour trouver le sommeil, mais qui a dit que la vie devait être juste ?

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  La seule visibilité possible de ce harcèlement high-tech, se trouve caractérisé par ces formes blanches qui me suivent mieux que mon ombre. Visibles uniquement en infrarouge et seulement en ma présence. Je ne diffuse ici que les sphères qui continuent de virevolter quelques secondes après que j'ai quitté le champ de la caméra. Quand je me trouve dans le champ, je suis la fée clochette, ces traceurs lumineux sont démultipliés et le moindre mouvement de ma part est auréolé de ces yeux incandescents.

  Merci à tout chercheur qui passerait par là et qui aurait quelque connaissance sur le sujet de me renseigner si il le peut. Je veux bien être folle, mais pas ma caméra. Avis à bon entendeur...