C'est ce que je me dis chaque fois que je m'adonne à quelque tâche que j'ai laissée en plan, durant les semaines voire les mois, pendant lesquels le harcèlement est particulièrement intense et violent. Dès que je retrouve un peu de sommeil, et qu'un regain d'énergie surgit du fond de mon épuisement, je le saisis comme on saisirait une bouée de sauvetage en pleine mer, et m'y accroche dans le but de faire le plus de choses possible dans le temps qui m'est imparti, jusqu'à la prochaine salve, donc.

   Ce sursaut d'énergie prend alors la place d'un sablier s'écoulant dangereusement jusqu'à l'annonce de nouvelles agressions, caractérisées le plus souvent par une multiplication de petits tirs d'ondes électromagnétiques dans la journée, provoquant démangeaisons et élancements divers, et annonçant le plus souvent la couleur de la nuit qui va suivre, en l'occurrence, blanche. Quand plusieurs nuits d'affilées s'avèrent correctes en matière de repos, plus le temps passe, et plus je me rapproche d'une nouvelle phase de violence. Le pire n'est ni plus ni moins que la routine qui s'est installée dans le creux de mon logement depuis cinq ans. Le mot routine pourrait laisser à penser à une adaptation de cette violence, mais il n'en est rien.

   Cette nuit là, la routine du harcèlement, et les exécuteurs de ce dernier, ont voulu que les tirs d'ondes électromagnétiques soient dirigés essentiellement vers la voute plantaire du pied droit, ce dernier ne manquant pas de mouliner furieusement dans le but d'échapper, vainement, à la douleur. Le, la, pion du moment au-dessus de ma tête avait manifestement décidé qu'il était temps de reprendre les hostilités parce que peut-être, mon regain d'énergie nécessitant quelques mouvements supplémentaires de ma part, n'était sans doute pas du goût des heureux parents crêchant au-dessus de ma tête, et chagrinés de me sentir respirer de nouveau. Il était temps de reprendre.

   La nuit suivante, soit celle dernière, un tir extrêmement violent dans la bouche suivi d'un arrêt immédiat des décharges jusqu'au matin, m'inclina à penser que la haine transpirait plus que jamais chez les harceleurs malgré son interruption soudaine, et que je ne devais pas sa veille des jours derniers à une prise de conscience salutaire des bourreaux, cela je m'en doutais, ni à mon accès de vitalité, mais à bien autre chose en fait, qui ne relève aucunement de mes agissements. C'est bien là le problème.

ManifTokyoavril2019

Manifestion d'individus ciblés à Tokyo.

 

Seoul TI27-04

Manifestion d'individus ciblés à Seoul.