Deuxième nuit désastreuse, les micro tirs d'ondes électromagnétiques se succédant au cour de la nuit, sans répit. C'est comme si les harceleurs m'en voulaient de ne pas m'avoir maltraitée durant le week-end de Pâques. Du coup, le besoin de se rattrapper est viscéral, comme une sangsüe accrochée à leur haine, indécollable, greffée à leur peau tel un mauvais abcès.

  Ce midi, en rentrant chez moi, j'ai pu apercevoir trois hommes au pied de l'immeuble, l'air jovial, parmi eux se trouvait ledit flagorneur, toujours frais comme un gardon, faisant semblant de ne pas me voir. Impossible de savoir alors si ces hommes plantés là au moment de mon arrivée, ont connaissance et participent ou non à mon harcèlement.

  Je me suis dit que c'était le moment d'aller chercher mon courrier, histoire de passer devant eux, puis me suis ravisée, deux nuits sans sommeil pouvant me faire rapidement commettre un faux pas. Il suffirait d'un seul regard un peu trop appuyé pour que tout bascule, et que je me jette à la gorge de tout individu me paraissant suspect, grosse erreur à ne pas commettre, mais les harceleurs comptent sans doute là-dessus.

  Heureusement, j'ai encore cette présence d'esprit d'éviter tout affrontement qui pourrait dégénérer et se retourner contre moi, ajouté à cela, cette part de doute m'indiquant que les trois hommes postés devant l'immeuble n'ont peut-être rien à voir avec la maltraitance dont je suis victime. Dans le cas contraire, la lâcheté atteindrait alors son point culminant, car former un comité d'accueil de trois hommes solides en face d'une femme qui tient à peine debout relèverait tout de même de la consécration en matière de faiblesse.

  Une fois rentrée dans mon logement, un clampin faisait sans doute le pied de grue en attendant que la synchronisation soit parfaite entre ma porte d'entrée qui se referme et son action de crétin pour déclencher le cycle de mon frigo. A chacun ses occupations, la principale pour moi étant de survivre en un endroit délétère, pour d'autres, de nuire, uniquement cela. Au moment où j'écris ces mots ma musique est à plein volume, les sonneries sont prêtes pour le moment où je repartirai travailler.

  Physiquement, c'est pas le top, mentalement, je suis plus déterminée que jamais.