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  Il semblerait que les harceleurs “principaux” ne soient pas là. Du coup, une intendance semble (là aussi) avoir été diligentée pour maintenir une surveillance académique je dirais, et accompagnée d'une agressivité modérée si j'en juge par les dernières nuits passées relativement stables. Quelques décharges cependant au petit matin, afin de me faire comprendre que le matériel est toujours là, prêt à l'emploi, et les utilisateurs également. Demeure aussi cette intéraction des persécuteurs avec les appareils électriques de mon logement, et leur assurant cette domination sur moi qu'ils affectionnent tant, source d'une délectation quasi-orgasmique.

  J'ai l'impression que la relève est assez nouvelle, je pourrais également penser, si j'étais naïve, que les pions du moment (famille, et/ou connaissances de cette dernière) sont moins cruels que leurs prédécesseurs, mais c'est sans doute une inexpérience de leur part quant à un outil peut-être méconnu, responsable de cette fébrilité, ce qui ne les empêche pas d'avoir grande envie de le tester, ou alors des consignes exigeant une certaine retenue pour des raisons que j'ignore.

  Bien sûr, tout cela n'est que perception de ma part, et une hypothèse possible pour expliquer un quotidien plus tenable, la réalité est ce qu'elle est, ma maltraitance est en veille. En attendant une nouvelle salve d'hostilité, je profite doncde ce petit regain d'énergie, provisoire, mais ô combien précieux, pour m'adonner à quelques tâches laissées en jachère lors de précédentes agressions particulièrement sévères.

  Un grand nettoyage de mon logement était d'une nécessité absolue, et j'avoue que même si mon environnement est délétère, il est impérieux pour moi de le maintenir aussi propre et avenant que possible. Cela brise aussi cette image de la cellule sinistre et humide liée sytématiquement à la torture :). Le fait est que des fleurs peuvent bien s'épanouir dans un vase au sein d'un espace aménagé de manière à ce qu'il soit le plus accueillant possible, des photos de famille, de vacances, tapisser les murs, des coussins colorés et des rideaux réchauffer l'ambiance, et se faire torturer par des tirs d'ondes électromagnétiques. Oui, c'est possible, et quitte à ce que cela existe, autant que ce soit dans un endroit agréable.

  Je nettoie donc, et puis je range, je fais le tri des choses à jeter, de celles à garder, je réaménage le tout, matériellement car plus un centimètre d'espace libre sur la table qui me sert de bureau, et virtuellement aussi. Je classe la somme incalculable d'informations relevées durant ces presque quatre années de harcèlement en ce lieux. Je sauvegarde. J'imprime. Enfin, je suis prête pour la suite.