Après plus de deux ans passés dans ce logement, et un an à témoigner sur ce blog, le harcèlement dont je suis victime est toujours tenace, mais a diminué en intensité. Je reçois toujours des tirs d'ondes électromagnétiques au lever et au coucher, et au quotidien le moindre de mes mouvements et autres déplacements se soldent par des répliques aussi diverses que variées. Les voitures continuent d'effectuer leur ballet sous mes fenêtres, mais je constate néanmoins une baisse des hostilités dans l'ensemble, notamment depuis que j'ai affiché les mots sur mes fenêtres témoignant de ce que je subis.

  Je persiste donc à croire qu'il faut rester dans son logement, malgré un harcèlement de voisinage si intensif soit-il, et quels que soient les moyens utilisés pour nous en faire partir.

  Aussi, même si je reçois moins d'ondes électromagnétiques dans la tête, ma santé en a pris un sacré coup, la fatigue et les douleurs musculaires étant le plus difficile à endiguer, d'autant que je ne suis pas à l'abri de subir de nouveaux assaults.

  Les siestes me sont toujours interdites, et dès la phase d'assoupissement un bref tir d'ondes me ramène à cette réalité détestable et criante de silence, de celui qu'on voudrait hurler au monde entier. J'imagine que cela donne un peu le même effet que quand on crie sous l'eau. C'est inefficace. Mes voisins se gaussent sans doute de mon impuissance à prouver leur sadisme, leur matériel aussi criminel que muet permettant de réaliser à peu près tout ce qu'un sadique n'aurait même pas osé rêver. Pour répondre à ces attaques toujours aussi gratuites, ce qui caractérise d'ailleurs la motivation du sadique, j'allume ma radio, ils n'apprécient pas vraiment. Ce n'est pas la radio en elle-même qui les gêne, mais comme tout sadique s'entend, ils comptent sur une complète soumission de ma part, sans broncher si possible. Dans le cas contraire leur toute-puissance s'en trouve ébranlée, et le plaisir éprouvé à me maltraiter, amoindri.

  Je pense que c'est toujours la même personne qui trône au premier étage au-dessus de ma tête, une femme suffisamment âgée pour être grand-mère, et les rares fois où je l'ai aperçue, bien loin de l'image qu'on se fait d'un tortionnaire. Après plus de deux ans passés ici, j'essaie encore de trouver une cohérence entre cette femme et ses actes, et je n'y parviens pas. J'essaie encore de comprendre ce phénomène de rassemblement qui a permis à tout un panel de génération de s'unir pour me nuire, et je n'y parviens pas non plus.

  J'essaie encore de trouver des raisons à leur motivation afin que la réalité de ce que je vis soit plus supportable. Tout est toujours plus supportable quand on en trouve les raisons. Mais il n'y a pas de raison à cette sorte de harcèlement insidieux.

  Enfin, j'essaie encore de comprendre ce qui ne s'explique pas. La nature humaine est ce qu'elle est, et c'est sans doute ce qui bouscule toute possibilité de compréhension de l'être humain par rapport à lui-même.