Etant donné l'absence quasi-totale de repos de mon cerveau en raison des agressions multiples qu'il subit, j'imagine que je ne devrais plus être en vie, et pourtant malgré un épuisement général certain, je suis toujours debout. C'est comme si j'étais en mode automatique, le mental tenant tout le reste tant bien que mal. Cela me rappelle, cet excellent film par ailleurs, “La grande menace” avec Richard Burton, lequel ne se décide pas à mourir alors que toutes ses fonctions vitales sont à l'arrêt. Ce film est une fiction, mais la triste réalité de ce que je vis m'invite à penser qu'il nous reste encore bien des choses à découvrir sur cette matière grise complexe nichée sous notre crâne, et sa résistance.

  Aussi, étant donné que certaines lésions ou autres activités cérébrales expliquent en partie, et par une recherche poussée un prisme de pathologies de plus en plus ciblées, peut-être qu'un jour le sadisme se détectera au scanner et pourra bloquer à terme de potentiels bourreaux avant qu'ils n'oeuvrent à détruire. Pour ma part, je ne pense pas être dotée de cette fonction incompréhensible pour moi, que représente le sadisme, je sais juste que mon cerveau est un simple jouet pour des individus peu scrupuleux.

  Mes tortionnaires savent à la seconde près quand mon cortex est en repos. Au départ, je croyais qu'ils savaient quand je fermais les yeux, ce qui représentait pour eux le signal d'une décharge électromagnétique à m'envoyer. Face à l'effroi de cette découverte désarmante, j'ai du malheureusement constater que j'étais encore en deça de la réalité. Je ne reçois pas de décharge quand je me contente de fermer les yeux mais seulement à partir du moment où mon cerveau plonge en veille, ce qui ne me laisse aucun répit. Si je dors parfois, c'est parce que les salopards le veulent bien, voilà tout.

  J'ai également découvert que l'intégralité de mon logement était couvert seulement par la partie nuit du logement au-dessus de ma tête. Mon unique chambre, mon salon, ma salle d'eau, ma cuisine, tout cet ensemble se trouve pour l'essentiel sous des chambres, ce qui veut dire que l'autre partie du palace au-dessus de ma tête autorise, ma foi, mes harceleurs à oeuvrer contre moi d'où bon leur semble. Là aussi, je pense à ces fameux films d'épouvante où les victimes poursuivies par un monstre croient trouver refuge dans un endroit bien caché à l'abri de tout regard, alors qu'elles viennent tout juste de rentrer dans la tanière du loup.

  Je pensais être un peu plus à l'abri dans ce logement étant donné sa configuration atypique, alors que je me trouve pile au milieu d'un piège, l'espace chambres au-dessus de ma tête, il y en a pas moins de trois - d'après ce que m'a dit mon très cher voisin qui ne m'entend pas - servant à une maltraitance permanente et sans limite. Cela prêterait à rire si la situation n'était pas aussi tragique.

Ci-dessous une imagerie d'un cerveau en repos, ce qu'on interdit délibérément au mien. 

 

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La grande menace (1978).