faites aux femmes

  C'est l'heure favorite des harceleurs pour me réveiller d'un bon tir d'onde électromagnétique, quand j'ai la chance de pouvoir dormir à cette heure là. Les pions (amis, cousins, cousines, frères et soeurs, oncles et tantes, etc.) se relaient à l'exercice du nuire sans faillir, en oubliant prodigieusement que le temps passe et qu'ils le perdent à chaque minute consacrée à faire le pied de grue pour me maltraiter.

  Plantés commes des clous dans les quatres coins d'un 100 m2, encore trop petit sans doute pour distiller leur pus tel qu'ils le voudraient vraiment, et scrutant ma respiration à l'aide de leur foutu matériel, ils ne savent même plus qui ils sont. Celui qui m'a si aimablement hélée d'un “Coucou, comment vas-tu ?” et dit qu'il ne m'entendait pas, a ajouté son nom sur la boîte aux lettres, ce qui fait un énième nom sur la face saturée de la pauvre boîte, les anciens noms étant restés aussi. Genre, on s'affiche, on n'a rien à craindre, on est les plus forts, etc. Piteux supporters de leur propre haine. Crétins jusqu'à l'excès quand, agacés par mon insoumission, ils martellent tous mes appareils reliés à l'électricité, et tels des gamins capricieux, font leur petit caca nerveux, presque surpris qu'on ose se rebeller.

  Les fêtard, haineux donc, affichent des mines réjouissantes et terriblement ordinaires, comme des millions d'autres, sur un facebook laissé en jachère, en tous les cas pour le public. Je leur aurais bien envoyé une petite invitation, mais il n'existe que des ajouts d'amis sur facebook, pas de place pour les ennemis, et puis une part de doute demeure qu'il m'appartient de ne pas négliger. Et si mon harcèlement ne venait pas des voisins trônant au-dessus de ma tête ? Cet infime doute m'empêche d'entreprendre une riposte qui mériterait d'être radicale et d'aller au bout des choses.

  Aussi, j'ai l'impression que les propriétaires ne sont pas là ce week-end, peut-être partis à Paris pour manifester contre la violence faite aux femmes, du haut de leur formidable négation de ce qu'ils sont, des tortionnaires de femmes seules.