Faire un gâteau tout simple quand on est harcelée peut s'avérer une tâche compliquée, la première étape à franchir étant d'essuyer un bon infrason, genre grondement d'avion passant juste au-dessus de votre tête en osant vous laver les mains.

  Ensuite si vous persistez en cassant des oeufs, voilà qui ne va pas arranger vos affaires, et ainsi de suite jusqu'à ce que la pâte soit dans le moule, et le gâteau enfourné. Alors, vous pourrez vous félicitez d'avoir été jusqu'au bout de votre entreprise, en l'occurrence l'élaboration d'un pauvre far aux pruneaux, en ayant supporté tout le long de la recette jusqu'à cuisson dudit gâteau, un bruit de débarquement qui vous aura obligée à un moment donné tout de même, d'arborer sur votre tête un casque de chantier destiné normalement aux travailleurs des travaux publics qui utilisent marteaux piqueurs et autres engins du même acabit tournant autour des 105 décibels en pleine puissance.

  Pour ma part, j'ai eu cette audace de réaliser un malheureux far aux pruneaux. Imaginez que j'aurais eu l'idée de faire une mousse au chocolat par exemple, comment ce serait donc passé la fameuse montée des blancs aux neiges indispensable à la mousse ? A quoi aurais-je eu droit en signe de réplique par ma chère voisine, ou voisin, ou encore voisin(s) au pluriel, bref, ce, ça, ces individus à la crétinerie multiple ? Que serait donc devenu ce petit pois dans la tête qui leur sert de cerveau si j'avais osé monter des blancs aux neiges avec mon petit robot de cuisine prévu à cet effet ?

  Imaginez un peu le ronronnement de ce petit robot nécessitant d'être utilisé une bonne dizaine de minutes pour des blancs d'oeufs bien fermes ? Je crois que le, la, lesa harceleur(ses) n'auraient pas tenu le coup face à mon sacrilège. C'est bien pour cela que je compte essayer la fameuse mousse au chocolat, avec des blancs bien fermes une prochaine fois.