Dans ma situation de harcelée, le pion est un individu plutôt ignare et docile, n'ayant trouvé d'autre moyen dans sa vie normée que de s'exercer dans l'art de nuire à autrui, en choissant de préférence une proie facile, une femme seule par exemple, sa profonde lâcheté l'empêchant de se mesurer à quelqu'un revêtant quelque égalité dans la force.

  Le pion peut être un homme ou une femme, citoyen très ordinaire, de tout âge et de toute condition, ne pouvant agir seul, dixit encore une fois sa lâcheté l'empêchant d'accomplir tout acte pûtasse qu'il affectionne tant, sans avoir reçu au préalable un assentiment d'un groupe alentour, dans mon cas, sa sainte famille et les diverses ramifications nichées en son sein.

  La couardise du pion l'empêche également de nuire sans arme, malgré tous les oripeaux protecteurs dont il est entouré. Le matériel high-tech servant à me torturer via des tirs d'ondes électromagnétiques est donc idéal à utiliser pour toute personne qui ne s'assume pas, et que toute notion d'éthique rebute.

  Le pion est donc un poltron, incapable de se battre seul et sans arme, et tout autant incapable de dire pourquoi il nuit, si ce n'est admettre qu'il y trouve un certain plaisir, le pouvoir qu'il a de torturer dépassant de loin tout ce dont il aurait pu rêver dans son existence souillée de lâcheté et faussement respectable.

  A l'instar du personnage de la nuit dernière, homme ou femme peu importe, m'envoyant décharges sur décharges, certaines suffisamment vicieuses pour qu'on n'y décèle là nulle autre chose qu'une tare dangereuse, malheureusement jamais diagnostiquée par un psychiatre. Le pion se croit dans la toute-puissance, et il n'y a rien qu'on puisse faire pour le dissuader qu'il n'est pas Dieu, uniquement un petit con qui peut se la jouer grâce à un matériel qu'il n'aurait jamais trouvé tout seul.

  Cela fait plusieurs mois que je me suis rangée à ce verdict tristement infrangible de l'incapacité à raisonner des êtres qui s'ignorent, tel blingbling, harceleur en chef aux multiples frustrations enfouies, sans oublier sa compagne, fantôme parmi les fantômes, mais dont les talons parfois font beaucoup de bruit pour un spectre. Depuis ce mémorable constat, j'avoue que le quotidien est plus simple pour moi. Après quelques jours d'accalmie, je n'oublie pas que nous nous trouvons dans un mois où les harceleurs n'oeuvrent pas tout à fait de la même manière.

  Cependant, je ne me suis jamais leurrée, malgré la toute relative rémission de mes nuits, quant à la perpétration du sadisme exercé à mon encontre à l'heure où tout le monde dort, à part les bourreaux, en mal de plaisir malsain. Aussi, je ne ressens plus le besoin de pester, ni de sortir de mes gonds lors de tels assauts. Je continue d'oeuvrer en silence, avec l'énergie qu'il me reste. Quant on a fait une croix sur sa santé, nulle bifurcation ne vaut la peine, c'est toujours tout droit et je m'y emploie. Pour résumer, je suis prête pour l'hiver à venir.

HEM août2018(1)

Le harcèlement ElectroMagnétique existe.