torture

 

  Selon les derniers sondages, 54 % des français seraient favorables à la torture dans une situation de danger terroriste, comme par exemple infliger des décharges électriques dans le corps de l'ennemi, tout cela bien sûr dans un contexte exceptionnel. Un français sur cinq serait prêt à l'exercer lui-même. Un français sur deux n'aurait pas vraiment conscience que la torture, malgré son interdiction par l'ONU, est installée quasiment partout dans le monde. Les médias mentionnent qu'elle est exercée dans un pays sur deux, mais c'est sans doute bien plus que cela.

  Ce qui est surprenant c'est de se sentir forcés pour lesdits sondés, de préciser "le contexte exceptionnel" dans lequel ils seraient favorables à la torture. Comme si le contexte exceptionnel n'était pas modulable, démocratisable je dirais, et ne risquait pas de sombrer dans la banalité !

« [L]e terme « torture » désigne tout acte par lequel une douleur ou des souffrances aiguës, physiques ou mentales, sont intentionnellement infligées à une personne aux fins notamment d'obtenir d'elle ou d'une tierce personne des renseignements ou des aveux, de la punir d'un acte qu'elle ou une tierce personne a commis ou est soupçonnée d'avoir commis, de l'intimider ou de faire pression sur elle ou d'intimider ou de faire pression sur une tierce personne, ou pour tout autre motif fondé sur une forme de discrimination quelle qu'elle soit, lorsqu'une telle douleur ou de telles souffrances sont infligées par un agent de la fonction publique ou toute autre personne agissant à titre officiel ou à son instigation ou avec son consentement exprès ou tacite. »

Convention contre la torture et autres peines,
traitements cruels, inhumains ou dégradants
(1984, art. 1, par. 1)

  Le gouvernement, l'armée, la police, tous les protagnistes relevant de quelque autorité étatique, ainsi que les médias, peuvent se targuer d'avoir formidablement bien utilisé le terrorisme, si bien d'ailleurs, que plus de la moitié des français sont prêts à exercer la même sauvagerie sans que cela ne leur pose aucun problème, avec autorisation tacite de l'appareil d'Etat.

 J'ai honte de ce pays dans lequel je suis née et j'ai grandi. Non seulement je ne le reconnais pas, mais je ne lui appartiens plus. Il me dégoûte.