Je la surnomme ainsi non par mépris pour les femmes blondes, mais par référence à une femme politique d'extrême-droite bien connue, laquelle fait figure d'ange en comparaison de celle étant officiellement propriétaire du logement d'où part le harcèlement. La nuit dernière aurait sans doute été blanche même sans cela, mais disons que les insultes envers une autocrate d'une extrême brutalité n'ont pas arrangé les choses. Sa meute a rappliqué aussitôt.

   Quant à moi, je ne déroge pas à cette règle qui veut que la torture tant physique que psychique, et quelle que soit la manière dont elle est perpétrée, amène progressivement celui ou celle qui la subit, à proférer toutes les grossièretés possible, afin de rendre la situation plus supportable. Cela ne fonctionne pas mais soulage. Ceux qui en profitent avant tout sont les harceleurs qui s'autorisent ainsi à redoubler de violence, invoquant dans leur conscience sclérosée le châtiment nécessaire en réponse à l'insulte, n'est-ce pas. Voilà qui ne s'invente pas.

   Cette nuit, entre deux décharges, et pour tenir le coup, j'imaginais la réception du matériel par ces brutes épaisses qui me servent de voisins. Comme un cadeau de Noël, je pouvais presque les voir déballer ce qui allait enfin éclairer leur vie de citoyens trop ordinaires, et leur octroyer ce pouvoir si cher à leur cœur morne.

   Les quelques jeunes glousseuses de la famille et des proches amis lançant un tonitruant :
"Ca à l'air chouette, mais on appuie où ?"

  Et puis au super pote officiellement électricien, officieusement refoulé irrécupérable, d'intervenir :
"Alors ici, c'est pour la faire tousser, là pour le cœur, là dans le crâne, là dans le c.., là pour la faire sursauter, là pour les démangeaisons, là pour les piqûres, là pour augmenter la puissance, le trip quoi !... Aaarg !"

  Une des glousseuse, au déficit neuronal aigü :
"Beuh... trop rigolo ! J'peux essayer maintenant ?".

  Une des vieilles matriarches de la famille :
"Ah, cette fois, elle va payer, elle a voulu déranger mes pauvres petits, elle va voir !"

   Et puis tous les autres harceleurs ponctuels, briefés sur l'odieux menu du matériel servant à la torture, avec, pour chacun d'entre eux, ce piaffement d'impatience à essayer la chose au plus vite.

   Bling bling (harceleur en chef) arrivant pour calmer le jeu :
"On fera ça chacun notre tour, chacun aura sa part, ne vous bousculez pas !".

  La vieille, du haut de son aigreur patentée :
"C'est à moi de commencer, honneur à la doyenne, hihihi !".

   Une des glousseuses, hénnissant bêtement :
"Beuh... moi, ça me va, de toute façon aujourd'hui j'peux pas, je vais chez le coiffeur, et ensuite chercher les enfants à l'école, mais demain, j'peux ! Allez blinbling, tu veux bien ? Demain j'peux ?"

   Blingbling :
"Beuh... On va établir un planning, ce sera plus simple, et n'oubliez pas, si elle réagit, n'hésitez pas à mettre les watts ! Plus on est de fous plus on rit, Aaaarg !".

  Voilà un brin d'humour que je m'efforce de garder, malgré une nuit catastrophique. Le pire est que ce petit scénario n'est peut-être pas si loin que ça de la réalité.

  Je ne connais toujours pas précisement le type de matériel utilisé contre moi, mais le dessin ci-dessous (en anglais) correspond de manière malheureusement assez juste à ses effets (sans la v2k pour moi). Je ne sais pas non plus si les pions étaient plusieurs la nuit dernière, et si il y a eu une relève de la garde en milieu de nuit. Je sais juste que la manière dont ils ont exercé la maltraitance ne ressemblait à rien de ce que l'on attribue normalement à un être dit humain.

 

effects

Dessin qui date de 1974. On imagine l'évolution de la chose avec les moyens de haute-technologie
que nous connaissons actuellement.

Encore un dessin de schizophrène sans doute...

On peut légitimement penser que ce qui en 1974, était peut-être réservé à un public bien spécifique, a pu, 40 ans plus tard, essaimé dans le civil.