Combien en ai-je essuyé de ces nuits sans sommeil ? Les jambes moulinant dans un vide inutile, les yeux rivés vers des chiffres luminescents, affichant des heures défilant froidement vers le petit matin, j'essaie chaque fois de survivre aux tirs d'ondes électromagnétiques et au rire gras des harceleurs juste au-dessus de ma tête, les doigts boudinés à force d'oeuvrer à ma torture. 00h14, 00h28, 00h42, 00h49, 1h40, 1h54, 2h02, 2h14, 2h41, 2h52, 3h03,3h22, 4h14, 4h29, 5h05, 5h56, 6h17,6h57, 7h15, et 7h30 le radio réveil annonçant l'heure d'aller travailler.

   Il faut donc que je parvienne à grapiller quelques minutes de repos au travers de tous les réveils de cette nuit du 25 au 26 août, autant dire une pure impossibilité de dormir. 37 mns de sommeil profond, fragmenté par les multiples décharges, voilà le triste résultat de cette énième nuit sous les pieds de mes voisins. Mon manque de discipline m'aura coûté cher une fois de plus.

   C'est comme si parfois les harceleurs, du haut de leur perversité, avait concocté une sorte de deal intenable. Ils me laissent dormir un peu mieux, soit 5 h par nuit environ, en contrepartie, je me dois d'essuyer toutes les hostilités diurnes sans broncher, et tout en me retenant de respirer. Impossible à tenir ! Les autocrates se félicitent donc de reprendre du service, plus épanouis que jamais. La gentille petite famille s'éveille au pire depuis cinq ans, et elle semble en tirer une fierté aussi incompréhensible que déconcertante.

   Le midi, en allant chercher mon courrier, je croise une adolescente riant aux éclats devant l'immeuble avec une copine. Il me semble, bien que je n'en sois pas sûre, qu'elle réside au premier étage. De toute manière, comment peut-on rire à deux pas de la torture ? Je la vois hésiter en m'apercevant, attendant que je sorte de l'immeuble pour y rentrer à son tour. Je lance un bonjour aimable. Cette gamine n'a rien fait de mal. Elle est conditionnée, et n'a pas forcément conscience de la gravité que provoque le matériel qui est installé dans le logement où peut-être elle mange, rit, regarde la TV, se lave, DORT aussi, car elle dort. Je ne lui en veux de rien, même si mon imaginaire l'égorge toutes les nuits. C'est la complexité du harcèlement, parvenir à garder le contrôle de soi, malgré des nuits sans sommeil.

   Pour asseoir un petit confort bourgeois, une famille à décider de décimer une santé toute entière, c'est comme ça. La vie vaut si peu pour certains. Pendant que les harceleurs me crachent leur bonne santé à la gueule, je me dois de penser à ne pas devenir comme eux. Si le harcèlement doit servir à quelque chose, c'est au refus d'utiliser les mêmes procédés que les bourreaux. S'éloigner le plus possible de la puanteur qu'ils incarnent, fuir tout ce de quoi ils se rapprochent, échapper à tout ce qui leur ressemble.

   Je suis loin d'être la seule à vivre cette abjection au quotidien. La journée du 29 août 2019, dédiée aux individus ciblés (Targeted Individuals) par harcèlement électromagnétique (Electronic harassment), et en réseau, montre l'ampleur que va bientôt prendre un phénomène dont les autorités refusent de reconnaître l'existence, ou la dissimulent pour des intérêts bien compris.

 



TI-DAY London - Individus CIblés, LONDRES

 



TI-DAY Paris - Individus Ciblés, PARIS

Portland

TI-DAY - Individus Ciblés, PORTLAND (USA)