Impossible de cacher quoi que ce soit aux harceleurs quand on est chez soi, même de ces pires nouvelles qui nous rendent vulnérables et mettent d'autant plus notre vie en danger. Les proches de la personne ciblée ne peuvent comprendre cela, et sans le savoir, mettent celle-ci en péril. Depuis quelque temps j'attendais une mauvaise nouvelle, et avais pris le parti d'ignorer les harceleurs lors de l'annonce fatidique qui pouvait survenir à n'importe quel moment. Je savais alors que je devrais partir d'urgence, et espérais ainsi éviter une nuit, toujours très risquée en matière d'agression électronique, lors d'uneveille de départ.

   J'ai fait tout ce que j'ai pu pour partir le jour même, malheureusement, aucune place de train n'était plus disponible, ni de bus de nuit, ni de covoiturage, rien qui puisse faire que j'évite de passer une dernière nuit chez moi avant de partir, pas même un hôtel à un prix respectable de libre. La nuit fut donc ce qu'elle fut, les apnées et autres démangeaisons, simultanées cette fois, pour que le (la) détraquée arrive à baver un peu, s'enchainèrent à un rythme soutenu, jusqu'à ce qu'il ou elle râle toute sa jouissance de sadique, à me savoir dans un tel état de détresse, à tous les niveaux.

   Les harceleurs aiment mettre le paquet la veille d'un départ, espérant peut-être que la cible finisse par claquer, une fois partie seulement, loin de chez eux, et qu'ils ne soient pas inquiétés. Cette nuit là, j'ai tenu bon, encore. Au matin, le pion a manifesté sa joie de me voir partir dans un tel état, la triste nouvelle en bandoulière, en multipliant ses petits délires sonores de crétin qui s'ennuie. Le harceleur en chef avec son bouclier, désormais à six têtes, et sa blonde, les seins encore gorgés de lait de sa maternité, ont dû s'éclater de me voir essayer de tenir debout face à la faucheuse qui venait de frapper dans mon entourage, et face aux ondes. Cependant, je suis restée relativement calme, malgré toutes leur tentatives pour me faire craquer dans ces moments d'autant plus douloureux. Il m'a suffit de penser à leur grande, très grande famille, et aux différents drames qui ne manqueront pas de la jalonner, parce qu'il y en aura, pour sûr, sans tirs d'ondes électromagnétiques pour eux, mais ce sera quand même pas mal. Les morts ont tous la même peau, et les tortionnaires ne sont pas immortels.

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