Outre la privation intentionnelle de sommeil afin de mener leur proie vers un déraillement certain, j'avais déjà parlé de cette pyrogravure faciale, affectionnée par les harceleurs, et qui consiste à provoquer, le plus souvent sur le visage de la cible, des démangeaisons irrépressibles, via probablement le même matériel utilisé pour envoyer des tirs d'ondes électromagnétiques partout dans les autres endroits du corps, y compris intracrâniens.

   Aussi, les nuits étant ce qu'elles sont, très chaotiques, je tente désespérement de faire une sieste en début d'après-midi quand je ne travaille pas, mais le plus souvent, à l'instar d'hier après-midi, les démangeaisons faciales apparaissent dès l'assoupissement, empêchant tout repos ou presque, car il arrive malgré tout que la fatigue prenne le dessus, et que le ou la détraqué(e) oeuvrant à ce petit jeu sadique passe à autre chose.

   L'essentiel de l'après-midi d'hier fut néanmoins consacré à ces envois multiples de tirs subtils, et je défie quiconque de garder son calme, après avoir essuyé durant des heures, voire des jours, ces chatouillements irrépressibles. Il faut imaginer, pour celles et ceux qui auraient quelque mal à se représenter la sensation, un plûme qu'on ferait danser sur leur visage pendant des heures. Bien sûr, pour les harceleurs, les moments sont choisis, lors d'une tentative de sieste, ou mieux encore, quand j'ai les deux mains prises, ce qui me vaut d'en libérer au plus vite au moins une, pour me gratter, si on peut appeler cela ainsi, car à peine ma main se pose sur l'endroit du visage qui me titille, que la sensation de démangeaison disparaît.

   Ceci n'est qu'une des très nombreuses actions, entreprises par les pions, je le rappelle, pour la plupart, électrons soumis d'une gentille famille, afin de miner la cible, l'irriter jusqu'à ce que la fatigue et l'agacement à se gratter toute une après-midi finissent par la clouer dans un état d'excitation nerveuse difficilement contrôlable. Au moment du coucher, je me laissais donc aller à une longue tirade verbale, jalonnée de toutes les insultes que j'avais sous le coude, avant de m'écrouler sur mon lit vers 23 h 30, pour être ensuite réveillée d'un bon vieux tir d'ondes électromagnétique par le (la) planqué(e) au-dessus de ma tête, à 00 h 48 exactement.

   Le reste de la nuit fut blanc, trop énervée pour compter les moutons, et je ne manquais pas de me relever pour m'adonner alors à une réaction classique de voisinage, à savoir, donner des coups de balai au plafond Schlong ! Shlong ! Schlong ! à tous les endroits de mon logement, espérant ainsi atteindre, peut-être, les planqués installés tranquillement dans une des chambres de leur appartement qui m'est inaccessible. Il faut cependant admettre, qu'entre un balai et des ondes, le combat est plus qu'inégal, paradoxalement aussi, entre le bruit et l'inaudible, c'est l'inaudible qui gagne. Qui l'eût cru ?

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