Le sadisme, ce jour-là, avait une forme noire et trapue, grossière, la tête enfoncée dans un cou semblant dépourvu d'épaules. De loin, j'observais cette masse penchée très probablement sur un téléphone. Je l'avais déjà aperçue plusieurs fois mais jamais de près, j'aurais pourtant bien voulu plonger mes yeux dans ceux de ce bipède qui m'avait, une fois de plus, mitraillé la tête de tirs d'ondes éléctromagnétiques. C'était dans la nuit du 16 au 17 mai dernier, les tirs intrâcraniens n'avaient pas été douloureux mais néanmoins fulgurants, et ce, jusqu'à environ 4 h du matin, laissant place à un trou noir, lequel me donna quelque répit, bien trop court cependant, pour affronter correctement la journée de travail qui m'attendait.

    C'est ce matin-là que je l'ai une nouvelle fois aperçue, malheureusement toujours indistinctement, sa masse formait, de là où je me trouvais, un gros tas sombre sur le balcon dont elle semblait manger tout l'espace. Je ne sais si c'est elle, qui, hier soir, m'a envoyé des décharges électromagnétiques dans l'oreille, et tout autour de l'oeil droit, tellement douloureuses, que je peine encore aujourd'hui à accorder un statut d'être humain à ce tas sur pattes, mal équarri, ordinaire pour tout un chacun, pour moi, écoeurant et immonde.

   Aujourd'hui, leur TV est allumée, qui la regarde ? Les propriétaires ? Leurs enfants ? Un des pions ? Impossible à savoir, la seule certitude, c'est le mal qui règne en maître au-dessus de ma tête.

 

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