Les nuits blanches ou quasi-blanches dépassent de nouveau en quota les nuits correctes sur une semaine. Si la privation intentionnelle de sommeil en tant que telle est une torture, que dire lorsqu'elle utilise pour ce faire, des tirs d'ondes électromagnétiques envoyés tout droit dans le cerveau d'une cible ? Rien, il n'y a rien à dire de plus.

   Le sadisme ne s'explique pas, ni la médiocrité des individus qui perpétuent une telle abjection. Pourtant, les questions surgissent avec toujours autant de verve, lors d'agressions particulièrement intenses, alors qu'on pourrait presque palper la jouissance, le satisfecit des bourreaux à voir le résultat désastreux de leur entreprise. L'élimination progressive de leur proie, facile, correspond à la ligne de démarcation qui les fait sortir de la vie ordinaire. Si les harceleurs ont tout, il leur manque l'essentiel, en l'occurrence, ce que le plus grand nombre ne possède pas, le droit de vie ou de mort sur quelqu'un.

   Le pouvoir donc, caractérisé par l'intermédiaire d'un matériel high-tech qui leur permet de se sentir Dieu sur terre, et encore, à les sentir glousser du haut de leur crétinerie, je me demande si ils ne croient pas que Dieu les envie. La petite famille continue donc ce qu'elle considère comme une prouesse, en l'occurrence la torture hig-tech et à distance sur une femme seule et diminuée, à l'aide de pions divers et variés, insipides, polluant le monde de leur bienpensance côté face, tout en maltraitant côté pile, hilares.

   Miner, avilir, anéantir à petit feu, et qui plus est, se sentir fier, voilà qui me dépasse. Dans ce lieu infâme où je survis, le silence est devenu mon pire ennemi, les nervis l'utilisant pour charger, caquetant à chaque décharge comme des vautours picorant un cadavre, comme si ce dernier pouvait se défendre.