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   Dans le monde de la tauromachie le mot trastos correspond au matériel que l'on donne à un homme, une fois ce dernier devenu matador. Ledit matériel est composé de piques, ayant pour but dans un premier temps d'exciter le taureau en le ciblant au garrot, ensuite de provoquer des hémorragies et un épuisement plus rapide. Dans un second temps, on utilise des banderilles afin de cisailler les nerfs, toujours au garrot, de manière à ce que le taureau n'ait plus les moyens de relever suffisamment la tête pour charger. Pour finir, on utilise la puntilla, petit poignard à lame courte, pour l'achever. Dans tous les cas, le taureau n'a aucune chance, à part peut-être celle de l'imprudence du torero.

   Le harcèlement électromagnétique procède de la même manière, accompagné du même processus funeste mis en place par des individus se croyant à peu près aussi tout-puissant qu'un matador peut se le croire, à ceci près qu'ils n'ont pas tout à fait les mêmes outils. Ces derniers, sont aussi invisibles qu'inaudibles, et ne laissent aucune trace de sang, à proprement parler, sinon les tirs d'ondes électromagnétiques ont strictement la même fonction que les piques censées énerver, destabiliser une proie qui n'a rien demandé, et qui ne fait que se défendre comme elle le peut face à des refoulés, ayant réprimé les instincts les plus inavouables jusqu'à l'arrivée bienfaitrice de leur cible.

   Je peux même pousser la métaphore jusqu'à imaginer les divers éléments de cette famille de dérangés qui me persécutent, de jouer avec une muleta invisible, et exécuter des petits pas de danse macabre, à chaque acte d'hostilité à mon encontre, les pions ponctuels s'improvisant aficionados de ce sordide spectacle. Les tirs d'ondes dans mon cou sont l'endroit préféré des harceleurs, à l'instar du cou du taureau pour le matador, afin de lui couper la respiration, jusqu'à épuisement. Une fois ce dernier installé, on imagine assez bien la phase ultime pendant laquelle l'atrocité familliale se dévoilera avec les applaudissements des différentes glousseuses et autres jeunes coqs, ayant l'impression d'avoir gagner un combat, en balayant d'un revers de main ce qui n'est ni plus ni moins que le massacre prémédité et progressif d'une personne désarmée. Encore une fois, pour la gloire de pauvres petits cons !

Vidéo d'Elena Sagnol
Sphères blanches fugaces mais suffisamment visibles, signant là,
le triste résultat d'un harcèlement abject.