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   Moi aussi, je suis au-dessous des 7 heures, très largement même, depuis plus de six ans maintenant, et ce n'est pas en raison d'écrans allumés trop longtemps, ni d'un travail aux horaires décalés. A l'instar de centaines d'autres personnes en France, mon sommeil est rompu en raison d'individus profondément malveillants m'envoyant des tirs d'ondes électromagnétiques dans le crâne et dans tout le corps à un rythme soutenu. Malgré toute la subtilité qu'ils déploient parfois, selon quel pion est aux commandes, aucun répit ne m'est accordé.

   Parfois, j'ai cette impression qu'ils procèdent par thèmes, et suivant une éventuelle lassitude d'un élément de la meute, quant à la réitération d'un tir qui ne varirait pas assez à ses yeux de bourreau blasé. En ce moment, ce sont donc les éructations, ponctuant chaque début de mes repas, qui ravissent les brutes. Généralement, c'est après avoir mangé que ce genre de chose arrive. Pour moi, c'est dès le début, ou quand je me baisse, ce qui a pour effet d'avoir la désagréable impression qu'une régurgitation va survenir à un moment pas vraiment prévu, et contre lequel je ne peux rien.

   Une question se pose alors du haut de toute la cruauté qu'elle implique. Mon corps m'appartient-il encore ? Rien n'est moins sûr, pour le plus grand satisfecit des tortionnaires au regard aussi torve que rempli d'aise. Les démangeaisons, et autres engourdissements, des mains notamment, quand j'ose me servir d'appareils numériques, lesquels ne sont pas du goût des autocrates règnant tels des Nérons sur leur territoire, si petit soit-il, sont pléthores. Leur récompense donc, avoir au moins eu mainmise sur quelqu'un durant leur puante vie, influer sur toutes les parties du corps de cette personne, sans en laisser aucune de viable, décente, maître d'elle-même.

   Dégrader la proie, l'humilier en lui provoquant d'irrépressibles renvois, c'est se distinguer dans l'esprit tordu des refoulés.Tu parles d'une victoire ! Après, Môdame et Mönseignore iront faire leurs courses, comme si de rien n'était, laissant un pion en vacation, jusqu'au suivant qui viendra rempiler pour la torture du soir... et ainsi de suite, sans motif autre que le pouvoir de disposer de quelqu'un.