Depuis début janvier, et après m'avoir massacrée chaque début de semaine, les harceleurs semblent cependant lever le pied, du moins en ce qui concerne les nuits. Le jour, les hostilités continuent mais de moindre manière là aussi, les tirs d'ondes électromagnétiques sont moins fulgurants, quoique les douleurs persistent. Peut-on hiérarchiser une douleur après qu'il nous semble l'avoir ressentie à son comble ? Et comment l'appréhender à sa juste mesure, alors que de longues années de brutalité nous ont, en quelque sorte, familiarisés avec le pire, acclimatés à ce que tout être humain méconnaissant ces pratiques, et basculé soudainement en leur cœur, considérerait sans doute comme insupportable ?

   Un soir, récemment, alors que la voiture du harceleur en chef, blingbling, stationnait devant chez moi depuis le matin, un autre véhicule arriva derrière moi alors que je m'apprêtais à rentrer dans mon logement. Je n'y prêtai pas attention, cherchant mes clés un certain temps, histoire de tâter le terrain, comme j'ai l'habitude de le faire chaque fois que je rentre où sors de chez moi. J'entendis le conducteur me héler, et alors que je me penchai vers la voiture pour voir qui c'était, j'eus le droit à un "Salut, comment tu vas ?" de blingbling en personne.

   Je ne m'y attendais pas, alors que SA voiture trônait devant chez moi, vide, mais un individu a le droit de posséder plusieurs véhicules. C'est le cas de blingbling qui en a pas moins de trois, celle sur le parking, celle stationnée devant chez moi, et celle au volant de laquelle il est arrivé en me hélant, et en ajoutant un "Bonne année !" j'avoue, déconcertant. Je lui répondis de même, poursuivant sur un souhait de bonne santé, parce que la santé c'est important, et un bon sommeil, parce que pour avoir la santé il faut pouvoir bien dormir. Sur ce, je rentrai chez moi, perplexe.

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   Il y a plusieurs possibilités d'analyse à cette petite anecdote nocturne de début d'année. Soit, celui que je nomme blingbling, harceleur en chef, habitant dans le seul logement mitoyen au mien, n'a rien à voir avec mon harcèlement, et dans ce cas, il me faut admettre que je me suis plantée sur toute la ligne, ce qui, dans le cas d'un harcèlement en réseau peut se comprendre.

   Soit, blinbling, harceleur en chef, continue d'essayer de me fourvoyer, parce que c'est trop rigolo. Dans ce cas, comme je l'avais déjà stipulé, il a fait l'actor's studio, et c'est un fieffé pipeauteur.

   Soit, blinbling est un harceleur doublé d'un psychopathe. Les deux ne sont pas forcément compatibles comme on pourrait le penser. Le harceleur-psychopathe a alors besoin de fréquenter dangereusement l'objet (moi-même) contre lequel il exerce sa brutalité, au contraire du harceleur-pion, lequel ne se montre généralement pas, et se contente de tourmenter sa proie toujours de manière distante, sans jamais lui adresser la parole.

   Pour ma part, je penche pour la deuxième option, mais je peux me tromper.

   A celles et/ou ceux qui penseraient voir ici un élément probant du syndrome de Stockholm, dans le sens où je souhaite une bonne santé à un individu, lequel probablement participe à la torture électronique contre moi, je répondrais que pour mieux combattre ses ennemis, il faut parfois faire fi de son dégoût, et apprendre à les éprouver. Ce soir là, les infos furent menues, mais cependant édifiantes. Il n'y a pas que les mots qui prouvent un caractère malveillant, il y a aussi le regard, la posture, la position des mains, la respiration, les micro-silences, parfois l'odeur, bref, toute une ambiance, comme autant d'éléments signifiants.