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   Pour rappel, le pion dans le harcèlement collectif, est un personnage dévoué au groupe, et œuvre uniquement par un besoin de se satisfaire à travers le nombre. Quand il s'agit d'un groupe familial, ce qui est probablement le cas dans ma persécution, le sentiment d'appartenance est d'autant plus prégnant, et le besoin de se satisfaire est accompagné alors de celui de protéger la famille qui serait en danger, en raison du comportement indocile de la cible.

   Le fantasme de protection est souvent employé dans une famille pour autoriser la violence, quitte à imaginer de toute pièce un danger pour mieux avoir l'occasion par la suite de le combattre, et en sortir verni, en vainqueur confirmé, avec l'assentiment du nombre qui aura volontiers participé à la fallacieuse idée tant convoitée de la menace.

   En l'absence prolongée des propriétaires du logement d'où part le harcèlement, les pions se succèdent pour me surveiller. Ces individus, comme je l'ai déjà dit, ont du temps à tuer, et trompent leur ennui d'une manière qu'ils n'auraient jamais pu imaginer, même en rêve. Le sentiment d'utilité est enfin retrouvé, grâce à la brutalité exercée à mon encontre, et le pouvoir d'intéragir sur un corps à distance fait culminer le plaisir pris dans ce nouvel emploi, inespéré.

   Les pions jouent avec moi comme un chat avec une souris, utilisant toutes sortes de stratagèmes pour me leurrer, de manière à ce que je ne sache jamais vraiment lequel des tortionnaires niche au-dessus de ma tête, et si parfois ils trouvent le temps long à épier mes moindre faits et gestes, loin de chez eux, ils regardent la TV en attendant un de mes faux pas, tenter une sieste par exemple, qui vaudra bien la peine d'avoir fait le pied de grue, pour enfin passer à l'action en m'envoyant une bonne décharge électromagnétique.

   Voilà qui n'a pas de prix, car peu possèdent ce pouvoir là, enfreindre de manière si parfaite le droit le plus fondamental de l'être humain, en l'occurrence le respect de sa dignité, violer cette dernière en toute quiétude, creuser au coeur de son intimité mieux qu'aucun voyeur et/ou agresseur sexuel ne saurait le faire, voilà décidément qui vaut la peine de s'ennuyer de temps à autre, en attendant que la cible se décide à commettre quelque faux pas autorisant l'exaction tant quêtée