Priver intentionnellement une personne de sommeil sachant que cette dernière va devoir travailler le lendemain, voilà bien un des exercices les plus jouissifs pour les harceleurs parmi les nombreuses distractions proposées dans le menu de leur sadisme. J'ai déjà écrit ici que mes voisins essayaient de me tuer, ce n'est plus tout à fait exact dans le sens où quelque part c'est déjà fait. Je ne retrouverai jamais ma santé, perdue essentiellement lors des deux premières années d'assauts infernaux et abjects en tout point.

  C'est durant mon dernier répit, entre deux agressions, que je me suis aperçue que l'extrême fatigue ne disparaissait guère, ni les douleurs musculaires, toujours aussi intenses. Il m'avait semblé pourtant, il y a encore quelque mois, observer des phases de récupérations physiques et neurologiques lors de quelques nuits correctes. J'avais l'oeil plus clair, la pensée plus limpide, les muscles moins douloureux, mais la brutalité exercée par les différents pions de tout âge et de tout acabit sur la durée, aura eu raison de ma santé toute entière.

  Je ne dis pas cela pour casser le moral des troupes, mais c'est un fait. Aurais-je eu plus de chance de m'en sortir si j'avais moins riposté ? La nuit dernière aurait-elle été plus douce si je n'avais pas réagi à une énième hostilité ? Rien n'est moins sûr, et je ne regrette rien justement. Une chose est certaine, les autocrates indéboulonnables qui me servent de voisins ne m'auraient pas laissée en paix quelle que soit mon attitude.

  Beaucoup de choses continueront de m'échapper dans mon harcèlement, comme le plaisir malsain éprouvé par les persécuteurs à pouvoir faire sursauter une main à distance, priver intentionnellement quelqu'un de sommeil en lui envoyant des tirs d'ondes électromagnétiques, jusqu'à avoir les doigts gourds d'avoir trop appuyé sur l'option permettant à des crétins de se prendre pour Dieu. Comment comprendre ?

  C'est désormais d'un œil plus distant que je vois ces choses, exercées sur un corps qui n'est plus tout à fait le mien. Il faut bien accepter cette évidence que je ne contrôle plus cette machine qui me compose, du moins son côté physique. Concernant mon cerveau, il ne vocifère plus contre ce corps  resté désespéremment en rade, non pas qu'il soit résigné, mais il n'éprouve plus le besoin d'exploser. Il continue son travail, témoigner, diffuser, publier. Il me reste 42 pages de mon blog à remanier afin que celui-ci soit prêt à l'envoi, du moins pour l'impression. La publication n'est pas si importante, le côté déjà palpable d'un manuscrit relié par de simples spirales peut suffire à se sentir plus fort, surtout lorsque l'on sait que les mots survivront aux tortionnaires. Après tout, ce sont les mots qui ont permis à l'histoire de se construire et rester dans la mémoire d'homme.

  J'aimerais bien que les petits-enfants de mes bourreaux lisent un jour le récit de ma maltraitance. C'est le temps qui évente tout, définitivement. Transmettre est la raison finale de tout, et peut-être la seule justice valable quand c'est la seule option qu'il nous reste.

Toutes proportions gardées comme je le mentionne chaque fois, néanmoins un tortionnaire est un tortionnaire, et l'arrestation de celui ci-dessous, le 21 août dernier, donne envie de faire confiance au temps, quel que soit le degré de l'injustice subie, et la durée de l'omerta concernant toute forme de maltraitance.

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Jakiw Palij, l’ex-gardien de camp nazi de 95 ans
expulsé de New York vers l’Allemagne.

Il n'est jamais trop tard pour bien faire, 73 ans après...