C'est la position des harceleurs. On ne pourra pas leur reprocher après cela d'être dans la toute-puissance, à l'instar de blingbling (harceleur en chef), et toute sa petite famille, dictateurs chroniques et indétrônables, régissant ma vie au milimètre, décidant ici ou là, de châtier mon minimum vital. Même mon silence mérite d'être puni.

  Ce fut le cas le week-end dernier, particulièrement la nuit de samedi à dimanche, les harceleurs estimant qu'il était grand temps de me faire payer une des mes fautes les plus inacceptables pour leurs yeux de nantis, ma présence en ce monde. Pour eux, leur existence est légitime, essentielle, absolument nécessaire, sans qu'ils aient à se demander un seul instant, si leur absence de la planète ne serait pas un petit pas pour l'homme vers plus d'humanité.

  Blingbling ne se pose certainement pas ce genre de question. Avant mon arrivée dans le logement au-dessous de ses pieds, il était un citoyen ordinaire, grâce à mon emménagement dans sa proximité, il s'est autoproclammé roi. Il a trouvé une raison à son existence. Au préalable, il lui a fallu passer par quelques dédales de sa psyché tordue pour trouver un prétexte à son adoubement sordide, en l'occurrence, utiliser un éventuel inconfort provoqué par moi sur sa progéniture, pour légitimer l'agression à mon encontre.

  Les pions ont suivi, comme au jeu d'échec, et je ne sais toujours pas qui est le fou. Blingbling croit tirer les ficelles, gonflé qu'il est de ses certitudes, pouvant assouvir un brin toutes ses frustrations sexuelles, enfouies depuis trop longtemps dans son cerveau de malade. Toute sa vie durant, blingbling a du accomplir un double travail pour prouver qu'il méritait sa place en ce monde, comme pour toute personne de sa communauté, stygmatisée par des crétins.

  Enfin, disons que je suis arrivée à point nommé, mais blingbling ne l'admettra jamais. Il préfère refouler, comme d'hab, en m'envoyant des tirs d'ondes électromagnétiques là où il est le plus approprié pour un mufle de montrer sa domination sur une femme. Blingbling ne sait pas qu'il est un pion parmi d'autres. La nuit de samedi à dimanche il a exercé son rôle de pion avec une certaine efficacité, la nuit dernière aussi, et dans la journée les comparses familiaux prennent la relève. Rien que des pions parmi d'autres pions, pour le plus grand nombre, juste une famille parmi tant d'autres.

HEM 08-2018