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  On a tous connu le coussin péteur, à l'âge où les dents définitives viennent de pousser, et que l'acné commence tout juste à germer sur les fronts. L'hilarité provoquée par ce genre de blague est digne d'une bêtise prépubère que le monde des adultes tolèrent de bonne grâce, étant donné que tout individu a été amené, un jour ou l'autre, durant sa tendre enfance à passer par cette période qui suit généralement celle surnommée communément "cacaboudin".

  Dans le cas d'un harcèlement acharné, perpétré par des adultes en apparence responsables et respectables, Il faut imaginer un coussin péteur qui évolue avec le temps, et permet par l'apparition des "progrès technologiques" de générer toute sorte de gargarismes déclenchés à distance via un matériel high-tech, sur une victime choisie, laquelle éructera de manière irrépressible, autant de fois qu'elle osera parler, bouger, se déplacer, et commettre tout un panel de délits du même genre, immédiatement sanctionnés par des individus cupides, dont le cerveau sera piteusement resté au stade boutonneux, désespéremment bloqué à cette époque, leur état mental interdisant toute évolution vers la raison.

  Cela dit, un matériel permettant d'influer à distance sur l'intégrité physique d'une personne, et mis entre les mains d'une bande d'idiots irrécupérables se solde par un véritable désastre, l'outil ayant évolué mais pas la matière grise de ses utilisateurs. Me faire éructer selon leur bon vouloir permet aux harceleurs de me banaliser, vulgariser ma féminité, et me faire perdre ainsi mon identité de femme embarrassante, notamment pour des hommes se croyant dans la toute-puissance, s'en prendre à une femme ne représentant pas vraiment le symbole de la force absolue.

  Ils auraient tout aussi bien pu me raser le crâne mais cela ne fait pas partie de leurs attributions. Alors, ils provoquent renvois sur renvois, me font aussi tousser, et se permettent même de se sentir dérangés par ces bruits provoqués par eux-mêmes sur ma personne, leurs nombreuses tares et autres incapacités de raisonnement les épargnants de se voir tels qu'ils sont, de profonds débiles.

  Ainsi, j'entends sous mes fenêtres à un moment T, un homme qui se racle la gorge d'une telle manière, qu'un écoulement d'égout ne saurait faire mieux en matière de sonorité mollardée, histoire de me faire savoir qu'il serait temps que j'arrête ces indélicatesses de mon côté. Est-il bien nécessaire de réfléchir quant à la disposition des harceleurs à s'insurger de ce qu'ils provoquent ? Peine perdue, la perversité est ainsi faite qu'il ne sert à rien d'en connaître ses raisons que la raison ignore. Le constat est lui, sans appel.