C'est sans doute ce qui me vaut, en partie, l'acharnement du moment. Quelque part, j'ai mis ledit flagorneur - pour rappel le type fringuant nichant dans l'appartement au dessus de ma tête - face à sa lâcheté, et son orgueil de mâle en pleine puissance en a pris un coup. Ajouté à cela, mes ripostes quasi-systématiques à chaque salve d'hostilité, entamant quelque peu son ego et l'excroissance de ce dernier, ce qui n'arrange rien.

  La première année de tirs d'ondes électromagnétiques, j'ai également essuyé toutes sortes d'agressions sonores en pleine journée et en soirée, au moindre de mes déplacements et avec une synchronicité désarmante. L'unique tâche des pions du moment, consistant à être au taquet et participer au processus d'intimidation mis en place contre moi, bruits motorisés, d'oiseaux, de bonnes grosses berlines aux vitres teintées déboulant sous mes fenêtres, coups de fil anonymes agrémentant les glousseurs de service, etc. chargés de me pousser à déménager, sans doute.

  C'était en 2015-2016, le flagorneur et sa blonde étaient alors au bout du monde, probablement en train de s'enfiler des cocktails à la mangue, pendant que leurs sbires, potes et divers éléments de la famille me torturaient, en suivant scrupuleusement leurs consignes. Puis, les seigneurs du château au-dessus de ma tête sont revenus, et j'étais toujours là. Après avoir fait une multitude de vols planés sur mon lit, suite aux tirs d'ondes pulsées, une privation intentionnelle de sommeil drastique, des attaques permanentes, la peur du départ a laissé place à la colère, et la rigolade de mes tortionnaires à leur haine.

  Aujourd'hui, je distribue donc assez volontiers tous les petits sons d'alors, téléchargés pour ma part sur internet, et qui ont tant fait s'esclaffer mes bourreaux hier. Cela ne plait pas à Monseignôre et sa belle. La nuit dernière fut calamiteuse, mais mon cerveau semble avoir retenu les dernières leçons en matière d'attaque, et commence à apprivoiser les mauvais traitements, en s'y adaptant tant bien que mal.

  Je peux donc dire que je me sens mieux qu'hier, même si ce n'est qu'une apparence, car je sais fort bien, et étant donné le peu de sommeil depuis une semaine, que je me trouve dans la phase rouge au niveau santé. L'écriture est fluide, les pensées limpides, l'esprit clair, et ce n'est pas la première fois que je subis ce genre de paradoxe. Cela signifie que j'ai atteint l'état stationnaire en matière de privation de sommeil, le cerveau se mettant alors en mode automatique, m'épargnant une fatigue apparente et pompant du même coup dans ses ressources.

Enfin, après quatre années de ce traitement, je suis habituée à ce genre d'effets, je les sais dangereux mais après tout, ne suis-je pas en danger en permanence ?