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  Mes harceleurs ne m'ont laissé aucune chance. A partir du moment où j'ai posé le pied dans mon logement, le moindre de mes faits et gestes à été ponctué d'une punition immédiate, exécutée avec application et tout le soin nécessaire par mes autocrates de voisins, et leurs nombreux amis.

  Taper sur le clavier de mon ordinateur portable fut un des premiers actes de ma part jugé répréhensible par une gentille famille, avide toutefois d'exercer un pouvoir tout neuf envers la dérangeante, forcément dérangeante personne que je suis, installée sous leurs pieds assassins. La souris de mon ordinateur, trop bruyante elle aussi, avec ses clics à au moins 20 décibels, a été tout bonnement bloquée par sa sainte dictature et son petit matériel permettant d'intéragir sur tout le système électrique de mon logement.

  C'est tout de même ahurissant de penser que l'on va peut-être mourir parce que le clic de sa souris, ou l'ouverture d'un robinet aura été estimé insupportable par de petits-bourgeois s'autoproclamant Dieu sur terre. Cela ne changera rien au sort qui m'attends, mais j'avoue que j'aurais préféré être assassinée par quelqu'un d'intelligent, car devoir me dire que de parfaits crétins, profondément inutiles, et dont la seule lâcheté se sera révélée dans leur triste vie comme extraordinaire, se chargeront de me faire passer de vie à trépas, est un peu pour moi comme une double peine.

  Cependant, je tiens à a garder espoir et à continuer de me défendre autant que faire se peut. J'ai commis quelques erreurs, notamment en m'estimant (presque) heureuse les très rares fois où mes tortionnaires me laissaient dormir, jusqu'au moment où une personne proche m'a dit que je n'avais pas non plus à les remercier de leur sainte grâce lorsque je considérais comme un moment miraculeux le fait d'être (moins) torturée. Strictement rien n'est normal dans mon harcèlement, et je n'ai effectivement pas à me contenter de ces quelques bribes de répit, en stoppant immédiatement mes pauvres ripostes, comme si je nourrissais presque quelque gratitude envers mes bourreaux de m'accorder quelque moment de paix. Mais où avais-je donc la tête ?

  A partir de maintenant, la moindre hostilité contre moi, sera suivie d'une réaction en conséquence, et si je dispose pas du même matériel que mes tortionnaires de voisins, je promets de faire en sorte de répliquer de manière systématique. A partir de maintenant je considère mon appartement comme étant en état de siège, mes sonneries sont en place, mes enceintes aussi, et toute ma sonothèque prête à l'emploi. Cela n'inquiétera pas sa kommandantur au-dessus de ma tête, mais il y va d'autre chose.