A chaque veille de départ, j'ai droit à un traitement particulier en matière de tirs d'ondes électromagnétiques par ces mêmes teignes faisant office de voisins. C'est bien simple, le répit n'est pas de mise, même pour quelques minutes, ce serait encore m'accorder trop d'honneur. Les décharges se sont donc suivies et poursuivies, parfois même chevauchées la nuit du 22 au 23 décembre 2017 à un rythme effrené, du coucher jusqu'au lever, se voulant comme une sommation, du genre : “Si tu pars, ne reviens pas, sinon tu sais ce qui t'attend !”. Je me fais donc chaque fois un plaisir de revenir.

   Cette nuit là, cependant, je m'étais permis un ultime appel à la police. Le type au bout du fil avait d'emblée pris un ton désagréable, comme si je le dérangeais, pour finir par me dire que je m'étais trompée d'adresse et que ce n'était pas la police qu'il fallait que j'appelle mais un désenvouteur. A l'heure du wifi, de la puce sous la peau pour payer son soda, du médicament connecté et j'en passe, il est bien évident qu'envoyer des ondes électromagnétiques vers le crâne de quelqu'un fait partie du domaine de la science-fiction, ou relève de l'occultisme. Sans me laisser le temps de m'expliquer, le fonctionnaire de police, payé pour protéger la population, m'avait donc raccroché au nez, me laissant seule avec mes assassins. On a déjà fait mieux comme protection.

  Au petit matin, je suis donc partie prendre le train, comme d'habitude, la tête en capilotade, avant de revenir sans espoir mais déterminée à affronter une nouvelle année en compagnie du pire.

  Mes voisins de harceleurs, au taquet, n'ont pas oublié à mon retour, de me souhaiter la bonne année à leur façon, en me canardant à tout va, tout contents j'imagine de retrouver leur jouet, en l'occurrence ma bonne vieille tête, et puis tout le reste. Je leur ai souhaité la bonne année également à ma façon, en oubliant pas de mentionner que 2018 fêterait mes quatres années passées en ces lieux maudits, et ajoutant que pour faire partir quelqu'un de son logement, d'autres s'y étaient mieux pris qu'eux. Signifier une situation d'échec à celles et ceux qui se croient tout-puissants a un coût, mais c'est pleinement consciente que j'en assume le prix, prête à essuyer toute la frustration de ces imbéciles à l'allure si vertueuse.

Le harcèlement électromagnétique existe. 
Il consiste pour des individus malveillants
à envoyer des ondes dans le crâne
de la personne qu'ils auront choisi de cibler
via un matériel high-tech.

Bonne année
à toutes les victimes de harcèlement,

avec le voeu ardent qu'il cesse.