Chaque soir, en rentrant chez moi et après avoir refermé la porte de mon logement, je suis en mode survie. L'ambiance malsaine emplit tout l'air respirable, et une sorte d'apnée à durée indéterminée commence alors.

  Je ne peux m'empêcher d'imaginer une araignée tapie dans un coin du mur, celui au-dessus de ma tête, là où se tiennent les harceleurs, aux aguêts de leur proie et leur piège parfaitement tendu, au fil près. Si j'ai cette chance que le harcèlement ne me poursuive pas hors de mon appartement, je ne peux que mesurer, et prendre pleinement conscience de l'invraisemblance de ma situation vue de l'extérieur, tout en restant pétrifiée à chaque contact avec la légèreté alentour, la normalité et son indéfectible frivolité s'affichant comme une insulte à ma maltraitance.

  Peu de présence sur ce blog en ce moment, en raison du temps que je passe à son remaniement. Sa relecture est comme un uppercut qui ne finirait jamais de m'assommer, à tel point que parfois je douterais presque de l'effroyable réalité, celle qui consiste à dire que des citoyens ordinaires, en plein coeur d'une petite ville tranquille s'adonnent au pire sur ce pou que je représente pour eux. De cette réalité là, il va falloir en ressortir toute l'essence de la vérité, de ce qui est inaltérable et sur lequel le temps n'aura aucune prise.

  Si je reçois des tirs d'ondes électromagnétiques plus modérés depuis un certain temps de la part des salopards nichés au-dessus de chez moi, le fait est qu'ils m'ont massacrée, littéralement massacrée. La tonsure que j'ai derrière la tête me le prouve encore aujourd'hui, alors que des femmes, coquettes et régulièrement permanentées se permettent du haut de leur respectable face de ruiner ma santé, sans sourciller, accompagnées de fringuants jeunes hommes dont la cylindrée pallie tant bien que mal à ce qui leur fait cruellement défaut au-dessous de la ceinture. Comme si la lâcheté devait s'encombrer de ce genre de chose.

  Le troupeau qui se relaie au-dessus de ma tête pour me martyriser revêt tout ce que l'humanité peut créer de pire. Il n'y a rien à dire d'autre sinon que toute la lie du monde semble s'être rassemblée en ces lieux.

Le harcèlement électromagnétique existe