592430

The Truman Show

  Voilà trois ans jour pour jour que je me trouve en ces lieux maudits. Je me rappelle de mon emménagement comme si c'était hier. Quelques semaines avant l'état des lieux, j'avais sauté sur l'annonce mentionnant la location d'un logement “totalement indépendant et sans aucune mitoyenneté” lequel allait peut-être me sauver de tout voisinage hostile.

  Lors de ma première visite, et malgré l'ingratitude des lieux - environnement surbétonné, manque de verdure, absence de lumière dû au rez-de-chaussée – je croyais bien avoir trouvé la perle rare à un prix correct, et j'étais prête à faire abstraction de tous les éléments peu engageants si toutefois je connaissais enfin quelque sérénité en cet endroit.

  Au moment de l'état des lieux, je fus folle de joie de constater l'absence de logement au-dessus de la chambre, et sur les côtés. Cependant, je ne manquai pas de demander au propriétaire où menait la trappe au-dessus du séjour, “à un grenier !” avait-il répondu en ajoutant "Je vous l'ai dit, ici vous allez être tranquille". Je m'étais tout de même enquérit de sa hauteur au grenier. “1m20 de hauteur !”. “Et puis après ?” avais-je poursuivi, inquiète. “Ben après, c'est une dalle en béton avant le plancher des voisins d'au-dessus.” Je me suis rassurée en me disant qu'il y avait de la marge d'ici à ce qu'on m'entende.

  Cependant, la première nuit je n'ai pas dormi, trop excitée par l'espoir. Le lendemain, alors que je jetai un coup d'oeil dans la cour, un gamin d'un logement d'en face, se dépêcha de refermer une porte-fenêtre de manière brutale, après m'avoir regardée d'une drôle de façon.

  La nuit suivante, les clics audibles commencèrent, et j'ai su alors ce qui m'attendait.

Enregistrer

Enregistrer