Les harceleurs ne sont pas là pour s'encombrer d'un quelconque sentiment d'empathie ou de sollicitude à votre égard. Même si vous recevez une terrible nouvelle par téléphone, leur réaction sera similaire aux précédentes, et s'effectuera avec la même haine charognarde et si chère aux individus qui s'ignorent.

  La mort peut bien faucher vos proches sans que cela n'entame la détermination des crapules à répliquer à ce qui les dérange par-dessus tout, votre présence en ce monde à leur côté, comme si leur existence ne générait pas elle aussi quelque nausées et retours gastriques irrépressibles.

  L'idée de vous savoir communiquer avec l'extérieur leur est insupportable, quoi qu'il en soit, et même pour le pire. Ce n'est pas l'envie qui vous manque alors de saisir un tournevis à tête triangulaire et crever une bonne fois ces yeux vides et inutiles. Mais il faut se raviser, se contrôler et rire à gorge déployée autant que possible, provoquer la consternation chez celles et ceux qui sont incapables de voir et font honte aux aveugles.

  Le harceleur est comme une araignée nichée dans un coin de mur sale, les pattes repliées de façon grotesque, en position d'attente en permanence, statique, l'abdomen rempli du pus de sa malfaisance, sa toile parfaitement tissée, prêt à fondre sur sa proie.