Hier soir, je me suis quelque peu épanchée au téléphone avec une des seules personnes non concernée par le harcèlement électromagnétique et qui me croit. En me demandant si les harceleurs me laissaient quelque répit le dimanche, je n'ai pu m'empêcher de rire. Il faut se mettre aussi à la place des individus non concernés par cette ignominie, lesquels imaginent encore quelques scories d'humanité sous l'enveloppe des crapules qui nous persécutent, comme si ce jour dominical représentait encore pour eux un espace-temps à respecter.

  Bien sûr, le pion au-dessus de ma tête m'entendit dire que le sacrosaint dimanche représentait un jour aussi valable qu'un autre pour me canarder de tirs d'ondes électromagnétique, et que cette distraction était source d'un plaisir bien plus important pour les harceleurs qu'un bon repas en famille, fêtant les Grands-Mères, matraqueuses de cerveau pour ma part. Cette petite tirade me couta fort cher la nuit suivante, soit celle qui vient de passer, et je fus la proie de tirs d'ondes aussi fulgurants que revanchards, dans la tête, la bouche, le dos, le thorax, suivant de quel côté j'étais couchée, côté ventre ou côté dos, tentant d'échapper au pire, en prenant ma couette comme unique bouclier contre cet assault foudroyant.

  Bien évidemment, ma couette ne me fut d'aucun secours, et je me suis demandé ce matin en me tirant péniblement de mon lit, ce que la grand-mère trônant de toute sa malfaisance au-dessus de ma tête pouvait bien fêter dans son attardé d'esprit, alors que mon coeur avait lutté une bonne partie de la nuit pour retrouver un rythme cardiaque décent.