corbeille

  Le caractère insoupçonnable des harceleurs, la privation récurrente de sommeil, les actes de malveillance quotidiens, et l'impossibilité de pouvoir prouver sa maltraitance, oblige la cible à se dominer à chaque instant.

  Retenir ainsi sa colère, ce besoin quasi irrépressible d'en découdre avec ses bourreaux demande une énergie folle, et un mental suffisamment solide et résilient afin d'éviter le dérapage lequel pourrait avoir de fâcheuses conséquences. Pour autant, refouler cette envie impérieuse que justice soit enfin faite en ne comptant que sur soi-même pour l'exercer, n'est pas non plus une solution.

  Me concernant, lorsque l'idée du meurtre germe dans mon esprit, je la laisse venir et s'installer, jusqu'à ce que des sentiments meilleurs et plus raisonnés n'interviennent à leur tour pour me dissuader de commettre le pire. Refuser d'évacuer de manière instantanée l'idée de régler leur compte à celles et ceux qui me persécutent, me permet paradoxalement d'éviter de passer à l'acte.

  Au contraire, je me repais d'un scénario macabre, certes, mais ô combien bénéfique pour ma bonne santé mentale, jusqu'à ce que ce schéma ne se tarisse de lui-même, en ayant pris au préalable le temps qu'il lui faut pour que ma colère s'apaise, et que mon sentiment d'impuissance laisse de nouveau place au badinage et à l'humour, en gardant toujours en tête qu'un jour heureux, la justice trouvera sa place en ce royaume des aveugles où les suppôts sont rois. 

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