supplice-de-la-goutte-deau

  Outre les ondes, il est quasiment impossible pour une personne harcelée comme je le suis de prouver à toute autre qui ne le vit pas, cette multiplicité d'échos distribués au quotidien sur ce terrain aussi miné que minant qui me sert de logement, et m'engageant un peu plus chaque jour vers la perte de ma raison. A l'instant, un bruit de moto a surgi du fin fond des murs au moment où j'ai eu ce malencontreux réflexe de tousser.

  Il y a une dizaine de minutes c'était un aboiement de chien qui se manifestait lors de mon passage aux toilettes. Plus tard ce sera autre chose, et encore, jusqu'à ce que la moindre vélléité de ma part ne soit ruinée, tuée dans l'oeuf, massacrée avant même de s'exprimer. Avant même que j'esquisse un geste, ce dernier sera anticipé, visé, et anéanti dans son élan par une répercussion diabolique, perpétrée par des êtres ordinaires, le sadisme soudé à leur haine. Il suffit d'ajouter des tirs d'ondes électromagnétiques à cette recette préparée avec coeur par ces refoulés qui me servent de voisins, et voilà que la folie est prête à m'accueillir. C'est tellement simple de faire devenir les gens fous, et après de le leur reprocher. Une goutte d'eau qui tombe sur un front est tellement innocente, mais c'était sans compter sur l'être terriblement humain, et son imagination débordante en matière de sévices.

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