C'est l'impression que j'ai depuis que je survis dans ce logement. Le harcèlement alterne entre des moments d'accalmie, toute relative, et des moments d'agressions intensives comme celles que je connais depuis quelques jours, et surtout certaines nuits, à l'instar de la dernière qui vient de passer, avec des tirs d'ondes propulsés un peu partout jusqu'au petit matin, au moment précis de l'endormissement, ce qui me laisse penser à une espèce de scanner passé directement sur le cerveau. Idem pour mes déplacements, les différentes expressions de mon visage, mes différents gestes, générant là aussi des tirs.

  Concernant le visage, je pencherais pour une sorte laser qui me fait penser plutôt à un tuyau d'arrosage, tantôt réglé sur pluie fine, qui laisse passer un spectre élargi mais modéré de tirs, tantôt réglé sur un jet concentré réduisant le spectre de propagation d'autant, mais beaucoup plus puissant et douloureux. La nuit dernière, elle, fut douloureuse, avec ce que j'appelle des pointes, comme des piqûres, des tirs pour étouffer, des tirs douloureux, des tirs longs, des tirs courts, comme si le(la) harceleur(se) de service avait sorti toute l'artillerie disponible. Le logiciel tortureware (merci à lez et Tutaz pour l'info) me semble le matériel le plus raccord par rapport à ce qu'il m'arrive et cette impression permanente d'être vue à l'intérieur de mon corps. Le fait est que les harceleurs connaissent mieux mon intimité que moi-même. Ils savent ce qu'il se passe à l'intérieur de moi, mieux que je ne le saurais jamais, et il me suffit d'ouvrir la bouche sans même émettre un seul son, pour m'apercevoir de l'ampleur de ce désastre humain, qu'on ne peut même pas s'autoriser à qualifier de viol, mais plutôt d'une nouvelle forme d'autopsie pratiquée sur une personne bien vivante, moi-même, et dont il va falloir inventer le mot, parce qu'il n'existe pas encore.