La première image qui m'est venue à l'esprit, c'est celle d'un oursin qui chercherait son chemin au creu de mon ventre, en visitant tous les recoins de mon anatomie abdominale. Ces multiples piqures sont apparues dès que j'ai allumé mon radio-réveil après les premiers tirs d'ondes vers mon crâne. Les harceleurs procèdent toujours ainsi, par l'intermédiaire de cette petite mise en bouche consistant à m'envoyer des ondes brèves mais fortes vers la tête, et ce, dès le coucher.

  Ensuite, ils varient, tantôt transforment mon lit en étuve et moi aussi, tantôt de manière très subtile, envoient comme une sorte de faisceau à la surface de l'épiderme de mon visage, provoquant ainsi démangeaisons irrépressibles, et éternuements quand le faisceau est dirigé dans mon nez. La nuit dernière, après plusieurs ondes, j'ai donc allumé mon radio-réveil calé entre deux stations afin de diffuser un bruit blanc totalement inefficace contre les ondes, mais rassurant pour moi et agaçant pour mes tortionnaires.

  J'avais le pressentiment que j'allais déguster en raison notamment des bruits aériens particulièrement sévères que j'avais essuyé en début de soirée, laissant présager généralement, et à force d'observation, des harceleurs jeunes et passablement énervés. Peu après avoir allumé mon radio-réveil mon ventre s'est mis à hurler, soumis à des piqures aiguisées que je n'avais jamais éprouvées jusque-là. J'ai essayé de me retourner pour le protéger afin que ce soit le dos qui prenne, mais rien à faire, la sensation de piqures multiples, tel un oursin ou une pelote d'épingle explosant en moi, m'a envahie pendant d'interminables secondes, laissant mon ventre en feu. La fièvre a suivi avec de nombreux tirs d'ondes durant toute la nuit.

  Je crois m'être endormie au petit matin mais je ne me souviens plus. Peut-être que les harceleurs avaient passé une mauvaise journée, peut-être de mon côté avais-je reçu un coup de téléphone de trop, ou encore le bruit de ma chasse d'eau les avait dérangés à un moment crucial de leur existence de dégénérés. Peu importe la raison, ou l'absence de raison de cette torture nocturne. Aucun être humain ne mérite cela. Je ne me crois même pas capable de le souhaiter pour mes propres bourreaux, ce serait pencher vers ce que j'exècre le plus au monde, la seule idée de leur ressembler me donnant la nausée.

 

Foudre_1