cerveau

  Nouvelle nuit quasi blanche, bardée de toutes sortes d'ondes assassines et cauchemars en tous genre, de 23h jusqu'au petit matin. Je ne cherche même plus à savoir ce qui me vaut ce genre de nuit pour la bonne raison qu'il n'y en a pas... de raison. Je ne cherche pas non plus à savoir qui étaient les harceleurs de la nuit, mais juste remercié mon emploi du temps assez creux en ce moment, de m'avoir épargné cette matinée de travail, car cela aurait été bien difficile.

  Une fois dans la salle d'eau, je me suis cependant permis d'interpeller les harceleurs, qui m'entendent fort bien à travers les murs, en réitérant une énième fois que ce qu'ils faisaient était simplement dégueulasse, le tout avec un certain calme, en leur disant également que j'étais prête à assumer la suite, et que leur diabolique matériel ne me faisait pas peur. J'ai terminé en disant que je ne faisais pas appel à leur conscience, car j'avais toute conscience qu'ils n'en avaient pas... de conscience.

  Mon petit laïus terminé, je me suis sentie soulagée à l'instar de la fois précédente où je m'étais adonnée au même petit exercice. Quand j'interpelle de la sorte les harceleurs, il me semble ainsi sauvegarder cette cohérence qui empêche alors, après une nuit particulièrement féroce, de verser dans la bestialité. J'interpelle des êtres humains qui commettent des actes ignobles, et que la lâcheté empêchera de me répondre, mais je tiens absolument à maintenir leur statut d'être humain, sous peine de répondre à des pulsions incontrôlables. En conservant ce statut, c'est moi que je protège, en leur parlant, je me protège de la folie, en les considérant, je les dédiabolise, même si ils n'en restent pas moins monstrueux.