J'ai pensé qu'il serait intéressant de procéder ici, à une petite rétrospective par écrit de mes nombreux crimes et délits, pour lesquels on me tourmente 24h/24h et 7j/7j.

  La forfaiture qui me vaut le châtiment le plus féroce de mes voisins, se trouve quand j'écris sur mon clavier de pc portable. Voyons, voyons, après petite vérification sur application permettant de mesurer les décibels, on peut estimer que le son des cliquetis sur mon clavier équivaut à peu près à 25 décibels. Si on en juge par la réaction de mes chers voisins, voiture arrivant en trombe sous mes fenêtres, bruits aériens divers, et tics systématiques dès lors que je m'installe devant mon écran, on peut supposer que si j'écrivais sur une machine à écrire du type ci-dessous, je devrais sérieusement me soucier de ma peau. Imaginez un peu la tête de mes harceleurs à chaque retour de chariot !

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  Le second crime pour lequel je paie un prix fort coûteux en matière de représailles est le téléphone, non seulement sa sonnerie, mais également le son de ma voix - à moins que mes dérangés de voisins n'entendent également la voix de mon interlocuteur grâce à leurs ouïes bio-ioniques - provoquent un effet bœuf chez mes tortionnaires. Généralement ils se déchaînent à chaque coup de fil, et au niveau répliques je n'ai rien à envier au débarquement de Normandie.

  Et puis, il y a tous les autres crimes face auxquels mes harceleurs résistent, faute de temps, de moyens, à la tentation de m'envoyer directement en enfer : chasse d'eau, brossage de dent, douche, vaisselle, déplacement (en chausson je ne porte pas de talons), toux ponctuelle, cafetière en plein exercice, volets roulant que j'ouvre le matin et que je ferme le soir, machine à laver, ronflements (ben oui, j'avoue, j'ai quelque ronronnements désagréables), retournement dans le lit (On estime à une dizaine, le nombre de fois où une personne se retourne dans son lit en dormant, moi cela me vaut un tir d'ondes systématique, imaginez ce à quoi j'ai droit quand je ronfle !).

  Mon châtiment ne relève non pas d'une quelconque autorité légale. Ce sont mes voisins qui se chargent de me punir pour l'intégralité des crimes exposés ci-dessus. Tout dépend donc du bon-vouloir, et de l'humeur versatile d'individus se croyant au-dessus des lois, des nervis du contrôle, des protestataires de tout ce qui leur est étranger, d'éternels grognons ne demandant pas mieux que d'exercer leur sadisme sur le premier être humain qui ne serait pas à leur goût. Il se trouve que je ne suis pas à leur goût. Cela tombe bien, je ne veux pas l'être, surtout pas.

  PS : Pour la petite histoire, au moment où j'écris ces mots, comme il fait beau, je viens d'entrouvir ma fenêtre, les voitures s'y bousculent en faisant le plus de bruit possible. C'est comme une fourmilière sur laquelle on viendrait de jeter du vinaigre. Impressionnant de remue-ménage. Bien sûr, c'est encore ma paranoïa qui me joue des tours...