honte

  Difficile de rendre la nature de ce blog un peu plus gaie, étant donné son dramatique contenu. Cependant, il se passe parfois des moments où les harceleurs font preuve d'une telle crétinerie, que cette dernière mérite d'être mentionnée, rien que pour son côté aussi absurde que rigolo. Mes voisins ont plusieurs emplois, tantôt z'ondeurs, tantôt guetteurs, tantôt parasites sonores, ils sont aussi capables de répliquer dans des moments qu'on aimerait garder pour soi, ceci est valable pour chacun de mes passages sous la douche, auxquels viennent s'ajouter sitôt le robinet fermé des tics tics tics, m'informant qu'on me surveille, mais c'est aussi valable quand je me rend aux toilettes, provoquant parfois des situations désopilantes.

   Contrairement à ma douche, dont j'ai fini par apprivoiser les tics tics tics, jusqu'à quasiment les ignorer, j'ai encore quelque mal à faire fi des boum-boum s'immisçant à chacun de mes passages aux toilettes. Je m'arrange pour être le plus discrète possible, mais hier un imprévu s'est produit, j'ai fauté, commis un acte irréparable, criminel pour mes voisins, pardon, j'ai pété pour le dire clairement, un pet franc, direct, comme il nous arrive à tous d'en produire, et cette spontanéité dans l'acte, inhabituelle, car toujours contenue par la honte, a cette fois surgit comme un ras-le-bol, un pur acte de rébellion de mon ventre opprimé en permanence. Le tout s'est soldé bien sûr par un boum, particulièrement mécontent.

  Ne riez pas, je vous vois venir ! Parce que c'est précisément ce qu'il m'est arrivée à cet instant plutôt cocasse, de partir dans un rire irrépressible, viscéral, étant donné le côté rocambolesque de la situation. Du coup, mon rire à entraîné un second pet, totalement délibéré celui-ci, désinhibé, car il y a un lien de cause à effet entre les deux, ne nous y trompons pas. Les roulements de meubles ont alors commencé au-dessus de mon crâne, sorte de déménagement intempestif, exercé par mes harceleurs de voisins chaque fois que ces derniers sont passablement énervés. Jesus-Marie-Joseph, j'avoue, j'ai pété, et cela m'a fait du bien. Mon rire m'a fait du bien, et a surpassé toute la médiocrité alentour, chouette ! Je ne suis pas loin de penser dans mon cas, que mon pet était un acte révolutionnaire ! Peut-être aussi le représentant d'une certaine libération, pas moins que ça !