Très vite après mon emménagement en juillet 2014, une quantité impressionnante de véhicules vinrent faire ronronner leur moteur sous mes fenêtres, de manière quotidienne et quasi permanente. La crasse s'accumula à une vitesse vertigineuse sur tout l'extérieur de mon logement lequel n'avait déjà pas, de prime abord, une apparence des plus engageante. Les coups de talons contre le sol et autres tics audibles extra puissants laissèrent progressivement la place à ce que je ne comprenais toujours pas, jusqu'à ce qu'on m'informe sur internet que j'étais peut-être victime d'un harcèlement en réseau.

  Ce que j'appelais alors les capteurs, se transforma bien vite, et dans un langage beaucoup plus approprié, en onde à énergie dirigée. Les regards le plus souvent hostiles auxquels j'étais confrontée dans la rue s'expliquèrent aussi plus facilement. J'avais fini, forte de mon ignorance, par acheter un de ses petits miroirs de poche que les femmes utilisaient jadis pour se repoudrer, car je croyais que la sauce tomate du dernier repas maculant mon menton, était sans doute la coupable de chaque regard incisif, ou qu'un épi de cheveu récalcitrant me donnait un air de sauvage, mais rien de tout cela. Les regards aussi venimeux qu'incompréhensibles essuyés si difficilement, les mines renfrognées quand je les saluais alors, étaient bel et bien le fait de pions - dans ce qu'on appelle dans le jargon populaire du gangstalking, un individu soudoyé pour nuire à une cible à des moments ponctuels - valets du harcèlement dans tout ce que dernier possède de plus pernicieux.

  Les travaux publics permanents sous mes fenêtres étaient également de la partie. Les perceuses, scies sauteuses, coups de marteau, roucoulement d'oiseaux en tout genre, venant ponctuer chacune de mes entrées et sorties de mon petit enfer journalier, n'ont jamais rien revêtu d'innocent, que ce soit dans mon logement actuel ou dans les précédents.

  J'éviterai la fameuse question, pourquoi tant de haine ? Car l'être humain n'a pas besoin de haïr pour nuire. Tout reste à faire.